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Acquérir pour enrichir
Comme la plupart des musées, le musée de Bretagne suit une politique d'acquisition définie par son équipe scientifique. A l'heure actuelle, elle vise d'une part à combler des lacunes dans des domaines jusqu'alors assez pauvres comme la pêche, l'ostréiculture, la construction navale ou l'industrie de la chaussure attachée à la ville de Fougères (Ille-et-Vilaine).
Elle a également pour but de compléter des ensembles déjà bien constitués qui font la réputation du musée comme le fonds lié à l'affaire Dreyfus. Pour cela, divers moyens d'enrichissement des collections existent : le don, le legs, l'achat le collectage ou le dépôt par un autre musée par exemple.
Le musée vous présente ci-dessous ses dernières acquisitions...
Canne à pommeau antisémite
Les objets fabriqués autour de l’Affaire Dreyfus n’ont pas été très nombreux, à l’inverse des documents graphiques produits souvent en grande quantité. Les collections du musée conservent ainsi un pot à tabac à l’effigie du capitaine Dreyfus, une série de marionnettes, des épinglettes ancêtres de nos « pins » ornées des visages du capitaine Dreyfus et de Zola, la liste est courte. Les cannes à décor antisémite figurent parmi les objets que Jean-Yves Veillard, initiateur du fonds Dreyfus au musée de Bretagne, a cherché pendant des années, il avait pu en voir chez des collectionneurs, mais l’opportunité d’en acquérir ne s’est jamais présentée.
Ce type d’objets destinés à une classe aisée témoignent de la très large diffusion de la caricature antisémite, non seulement à travers la presse et l’illustration, mais aussi grâce à des objets « décoratifs » ou usuels. Ces objets, symbolisent à eux seuls le climat antisémite dans lequel baigne la France quelques années avant l’Affaire Dreyfus. La tête de mort coiffée de la kippa qui prolonge le visage du « juif » parle d’elle-même, elle transmet un message féroce et sans équivoque possible ; toute la violence de l’atmosphère générale dans laquelle se tiendront les procès du capitaine Dreyfus est concentrée et résumée au travers de ce petit objet.
Cette pièce trouvera sa place dans le cadre de l’exposition permanente consacrée à l’Affaire Dreyfus.
Brassard portant l’inscription JLN (Jeunes de la Libération nationale) et la croix de Lorraine
Durant la période de la Seconde Guerre mondiale la Bretagne fut rudement touchée tant dans son territoire qu’à travers sa population : les collections iconographiques du musée de Bretagne sont relativement abondantes, bien que souvent de qualité très moyenne car composée majoritairement de photographies amateur prises dans des conditions difficiles.
Les objets du quotidien ou ceux évoquant l’occupation ou la Résistance sont à l’inverse très peu nombreux, ce brassard par sa rusticité n’était pas destiné à avoir une longue existence. Il témoigne de l’engagement de la jeunesse auprès du Mouvement de Libération nationale auquel avait adhéré André Bodin à partir du 2 août 1944, et qui fut crée en 1943 lors du processus d’unification des mouvements de Résistance, reprenant ainsi le nom d’un mouvement antérieur fondé en juillet 1940 baptisé par la suite « Combat ».
Carte postale figurant le coureur cycliste François Favé dit « Fanch Favé » (1905 - 1951)
Le musée conserve sur le thème du cyclisme de très belles affiches, d’assez nombreux reportages photographiques sur des courses cyclistes, des trophées, des bicyclettes et du matériel de cyclisme…. Cette carte postale trouve donc tout naturellement sa place au cœur de ces collections.
François Favé, plus connu sous le nom de Fanch Favé découvre la course cycliste lors d’une fête paroissiale, remportant à tout juste 16 ans un premier prix. Repéré par un constructeur de cycles de Dinan, propriétaire de la marque Atlantide, il entre dans cette maison comme mécanicien et court pour cette marque. Après un début en amateur dès 1923, il poursuit sa carrière comme aspirant à partir de 1927 et participe jusqu’en 1938 à de très nombreuses courses essentiellement en Bretagne. Champion du Finistère en 1925 sur une distance de 100km, il gagne de très nombreuses courses, arrivant souvent en première place ou second : c’est ainsi qu’il remporte en 1926 le grand prix de Saint-Servan, en 1929 le grand prix de l’Ouest à Rennes, en 1932 il sera 5eme du Paris-Rennes….il participe à deux reprises au Tour de France.
Selon son fils, le donateur Yves Favé, « Si le titre [de champion du Finistère] avait de l’importance à ses yeux, la carte postale qui le représente en avait tout autant. Il l’avait fait agrandir et elle était exposée dans la chambre de mes parents, placée dans un cadre. Ce qu’il ignorait, c’est qu’il avait été photographié par un portraitiste réputé de Saint-Brieuc au début du vingtième siècle : Raphael Binet. »
Drapeau de l’Union nationale des combattants de Chevaigné, portant l’inscription UNC / Section de Chevaigné
Ce drapeau a été fabriqué en 1919 par un atelier rennais spécialisé, qui se trouvait quai Lamartine ; il fut commandé pour une cérémonie qui s’est déroulée le 26 octobre 1919 avant que la commémoration officielle du 11 novembre ne soit instituée en 1920. Une photographie figure cette cérémonie, qui prit place devant l’école publique en présence du maire, des anciens combattants et de la fanfare municipale ; le drapeau en bonne place, est présenté lors du discours.
Le drapeau sera conservé de 1919 à 1959 dans le café épicerie de la commune avant d’être entreposé à la mairie ; il fût utilisé lors des cérémonies de commémoration du 11 novembre ainsi que lors des obsèques des anciens combattants. Un monument aux morts sera édifié à Chevaigné en 1922 pour rendre hommage aux soldats morts, une trentaine de personnes pour cette petite commune d’environ 650 habitants.
L’Union nationale des combattants fut crée quinze jours après l’Armistice du 11 novembre 1918, par Georges Clémenceau et le père Brottier, aumônier des armées ; son existence figure au journal officiel du 11 décembre 1918, elle sera reconnue d’utilité publique en mai 1920.
L’Union a pour vocation d’accueillir les anciens combattants, mais aussi les veuves et les orphelins ; elle fut et est toujours très active pour favoriser la reconnaissance des combattants dans le cadre législatif.
La Première Guerre mondiale figure dans les collections du musée de Bretagne, majoritairement à travers les collections iconographiques : photographies de l’arrière du front, cartes postales, dessins de Charles Oberthür, affiches, épinglettes….quelques objets liés à la vie du soldat complètent ce fonds.
Etrangement aucun drapeau témoin du premier conflit mondial n’était jusqu’alors présent dans nos collections, à l’inverse du second conflit illustré quant à lui par plusieurs drapeaux. La présence de ces étendards est pourtant récurrente, notamment sur toutes les photographies qui évoquent les commémorations, le départ des conscrits ou encore les classes d’âge. C’est un objet symbole qui s’intègre à une vision plus large de cette guerre : si cette dernière n’a pas touché la Bretagne dans ses terres, elle a par contre bien puisé dans sa population et marqué profondément et durablement les esprits. Le nombre de monuments aux morts présents sur le territoire breton témoignent d’un fort besoin de reconnaissance et d’une volonté de mémoire affichée lors de nombreuses cérémonies, au cours desquelles les drapeaux sont présentés.
Fonds photographique de Charles Géniaux (1870-1931) composé de 160 plaques de verre
Charles et Paul Géniaux sont frères, tous les deux nés à Rennes, l’un et l’autre se passionnent assez jeunes pour la photographie. Charles fait ses études à Rennes et à Alger; en 1889-1890 il est étudiant à l’école des beaux-arts de Rennes, inscrit au cours supérieur de dessin d’art du peintre décorateur Félix Lafond. Les deux frères développent un nouveau procédé de reproduction, la collographie dans un atelier qu’ils ouvrent à Rennes ; leurs travaux bien délicats à différencier, sont signés « Géniaux frères ». Au cours des années 1890, ils parcourent la Bretagne photographiant les monuments, les paysages et les scènes de la vie quotidienne. En 1893 Charles crée et dirige une revue intitulée « Bretagne revue » à laquelle collabore aussi son frère Paul, qu’il présente comme une revue pittoresque d’illustrations photographiques. Durant les années 1894-1898, avant son départ, pour Paris en compagnie de son frère Paul, tous les deux découvrent ou redécouvrent le Morbihan, dont est originaire la branche maternelle de leur famille et qu’ils ont fréquenté pendant leur enfance ; ils photographient paysages & monuments, scènes de la vie quotidienne, scènes de travail, réalisent des portraits d’enfants.
Les deux frères rejoignent Paris en 1898 ; ensemble, ils figurent dans le Bottin parisien sous la formule « Géniaux frères », de 1900 à 1906, puis seulement Paul, en 1907-1909, son activité est attestée jusqu’à la fin des années 1930.
Quant à Charles après avoir publié sous forme de fascicules entre 1896 et 1903 « le livre d’or des églises de Bretagne », illustré des ses propres photographies, il abandonne peu à peu la photographie pour se consacrer à l’écriture. Il publie de très nombreux articles dans différentes revues et écrira durant toute sa vie près de quarante romans, dont « La passion d’Armelle Louanais » qui obtint en 1918 le grand prix de l’Académie française. Jusqu’aux années 1920 ses romans s’inspirent beaucoup de la Bretagne rurale morbihannaise qu’il décrit avec minutie et où se trament souvent de terribles drames.
Charles épouse en 1900 Claire Mazères, qui devient aussi sa collaboratrice ; le couple fait construire une maison à Rochefort-en-Terre, maison dans laquelle se trouvent encore aujourd’hui les négatifs de Charles Géniaux. Des raisons de santé incitent le couple a quitté la Bretagne pour rejoindre le midi de la France, ils s’installent définitivement à Cagnes-sur-Mer à partir de 1917-1918, où Charles décédera en 1931.
Parmi cette petite collection de 160 négatifs et positifs, on retrouve les thèmes abordés par son frère Paul et sa femme Claire : le monde du travail à travers les conserveries, les dentellières, les brodeurs, les pêcheurs, les scènes de marché….les activités agricoles occupent aussi une large place, ainsi que les animaux domestiques. En dehors des paysages, vues de villes, villages et monuments, de très vivants portraits d’enfants se distinguent de cet ensemble. La collection comporte également des photographies de famille figurant la maison de Rochefort-en-Terre, Claire et Charles Géniaux, le photographe Paul Géniaux et d’autres membres de la famille ou des amis
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Adresse
10 cours des Alliés
35000 Rennes (France)
Métro : Charles de Gaulle
Téléphone
02 23 40 66 00
Horaires
De septembre à juin, ouverture au public :
- Mercredi, jeudi et vendredi de 12h à 19h
- Mardi de 12h à 21h
- Samedi et dimanche de 14h à 19h
- Fermeture : lundi et jours fériés
Attention juillet-août : horaires d'été
Tarifs
Plein tarif : 4 €
Tarif réduit : 3 €
Plan d'accès













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